« La jubilation d’un bouche-à-oreille public »

Cette expression du poète André Velter défend la lecture à voix haute comme moyen de résister aux commotions du monde. C’est l’occasion de revenir sur la distinction entre l’oralité et le sonore, et de s’intéresser à la présence de la voix dans l’écrit et à l’implication corporelle des élèves dans la lecture.
Par Jean-Luc Bertolin, IA-IPR lettres, académie de Besançon

« Un marchepied vers des découvertes »

Pour Sébastien Cavalier, président du pass Culture, le projet gouvernemental porté par le candidat Macron en 2017, en direction des jeunes de 18 ans, n’a connu qu’une seule version évolutive. Dernières innovations : s’étendre aux jeunes de 15 à 17 ans, ainsi qu’aux établissements scolaires. Le livre reste l’offre la plus prisée chez les jeunes, le spectacle vivant chez les enseignants.
Propos recueillis par Ingrid Merckx, rédactrice en chef de L'École des lettres

« Ce qui nourrit mon œuvre : réfléchir à des possibles »

Bpocalypse d’Ariel Holzl est paru peu avant le premier confinement. Un sacré clin d’œil pour ce roman « post-apo » où des lycéens survivent dans une ville-monde, Concordia, repliée en autarcie après une catastrophe. Ils doivent notamment cohabiter avec une caste de dirigeants décidée à exterminer de nouveaux arrivants mutants.
Propos reccueillis par Ingrid Merckx

Si le loup y était…

Ancré dans un espace-temps commun : la pandémie de Covid-19 et du premier confinement, La-Gueule-du-Loup renvoie à l’imaginaire collectif des maisons hantées et des grands méchants loups. Éric Pessan fait alterner doute, peur et empathie face à des personnages auxquels s’identifier. Il mêle réel et fiction dans ce roman au titre énigmatique qui aborde le drame de l'inceste mais tire vers le suspense.
Par Shirley Conte, professeure de lettres modernes, collège Antoine-Risso à Nice

« Flaubert appartient à tout le monde »

Le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert est en passe de s’achever. Professeur émérite de l’université de Rouen, Yvan Leclerc donne son éclairage sur des événements de cette commémoration, les idées et le style de Flaubert. Il remonte aussi la piste de son attachement à cet auteur qui effraie souvent les élèves.

Propos recueillis par Ingrid Merckx, rédactrice en chef de L'École des lettres

Poésie et diversité chez Jules Renard

Dans ses Histoires naturelles, l’auteur de Poil de carotte porte un regard peu anthropocentré sur la nature et les êtres vivants. Prévue pour les objets d’étude « Imaginer, dire et célébrer le monde, création poétique » en sixième, et « Regarder le monde » en cinquième, cette séquence fait écho au programme de sciences de la vie et de la terre, et peut donner lieu à un projet interdisciplinaire.
Par Marie-Astrid Clair, professeure de lettres modernes à Paris

Le Secret derrière la porte, de Fritz Lang

Étudié en spécialité cinéma en terminale, ce chef-d’oeuvre de Fritz Lang convoque des références à l’expressionnisme allemand, à la psychanalyse de Freud ou au film gothique centré sur une héroïne confrontée au rêve et à la mort. Il permet aussi d’aborder le rôle du cinéaste au travail. De quoi intéresser dès le cycle 4.
Par Juliette Goffart, professeure de lettres et de cinéma, et critique de cinéma

Le rôle majeur des enfants traducteurs

Responsabilités inversées ou épiphanie : les enfants de migrants qui traduisent pour leurs parents portent un poids et ne maîtrisent pas toujours les codes et les usages liés au français. En outre, la langue d’accueil prend le pas en France sur la langue maternelle contrairement à ce qui a cours en Angleterre et dans les pays du Nord.
Par Sai Beaucamp-Henriques, professeure de français langue étrangère

Hommage à Samuel Paty

Le 15 octobre 2021, les 860 000 enseignants de France et leurs 12 millions d’élèves étaient appelés par le ministre de l’Éducation à rendre hommage au professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020. Jean-Michel Blanquer avait suggéré « un temps de recueillement » et une heure de cours consacrée « à un temps d’échanges, dont le contenu sera laissé au choix des équipes... »

Raconte-moi des histoires naturelles

Qui a commencé son exploration par La Hulotte ? Ce journal « le plus lu dans les terriers » ou « dans les nids », la formulation varie, est né mensuel naturaliste, en 1972, dans les Ardennes, avant de devenir trimestriel et d’étendre sa parution à tout le territoire. Il a la particularité d’allier l’humour et la rigueur scientifique pour décrire des animaux et des plantes, et de les illustrer avec des dessins en noir et blanc réalisés par l’auteur des textes, Pierre Déom. Avec ce beau projet, qui a atteint les 150 000 abonnés, cet instituteur et naturaliste a toujours voulu éviter le côté rasoir et jargonneux de certains « cours de sciences nat’ ».